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14 April 2020

Sarah Maldoror: Behind the cloud | Derrière le nuage

Sarah Maldoror
Behind the cloud | Derrière le nuage

13 - 04 - 2020 
Press release | communiqué 
Annouchka de Andrade & Henda Ducados

Translation from French by Beti Ellerson
En français ci-après

The cineaste Sarah Maldoror, a voice of the persecuted and rebellious, a pioneer of Pan-African cinema, died on 13 April 2020 from the effects of the coronavirus. Her brilliant cinematographic work of more than 40 films, reflects a valiant fighter, curious about everything, generous, irreverent, concerned about others, and who marvelously transported the poetics beyond all borders.

Born 19 July 1929, of a Guadeloupean father from Marie Galante and a mother from Gers in Southwest France, she chose the artist name Maldoror in tribute to the surrealist poet Lautréamont.
Throughout her life, her actions and her choices will echo this first gesture.

After beginnings in theater, she founded “Les griots” in 1956, the first troupe composed of African and Afro-Caribbean actors, whose aim was "to put an end to the servant roles" and “to make black artists and writers visible". The poster of their first work, “Huis clos” was designed by the Cuban artist Wifredo Lam. Other plays followed: Aimé Césaire’s “La tragédie du Roi Christophe” and “Les nègres” by Jean Genet, both directed by Roger Blain. This theatrical dimension and her desire to convey the works of other cultures will be at the heart of her notion of creativity.

In 1961 Sarah Maldoror went to Moscow to study cinema, under the direction of Mark Donskoi. There she learned the concept of the frame, teamwork and the significance of being constantly prepared for the unexpected: "Always be ready to seize what can be behind the cloud".

After this stay in the Soviet Union, she joined the pioneers of the African liberation movements, in Guinea, Algeria and Guinea-Bissau alongside her companion Mario de Andrade, Angolan poet and politician, who was the founder of the Movement for the Liberation of Angola (MPLA) and its first President. From this union will be born two daughters Annouchka in Moscow and Henda in Rabat.

This political dimension occupied a central place in her work. As she liked to say, "For many African filmmakers, cinema is a tool of revolution, a political education in order to bring about a transformation in consciousness. It was part of the emergence of a Third World cinema seeking to decolonize the mind to create radical changes in society."

She made her cinematic debut in Algiers, alongside Gillo Pontecorvo on The Battle of Algiers (1965), then with William Klein for the Pan African Festival of Algiers (1969). Her first film Monangambee (1969), adapted from the short story, Le complet de Mateus by Luandino Vieira, deals with the lack of understanding between the colonizer and the colonized. Enriched by the music of the Chicago Art Ensemble, this masterpiece was awarded several prizes, notably Best Director at the Carthage Film Festival.

In Sambizanga (1972), scenario by Maurice Pons and Mario de Andrade, she relates the struggle of the Angolan liberation movement through the political journey of a woman whose husband dies from  torture while in prison.

This award-winning film is one of the major works of African cinema, establishing Sarah Maldoror internationally as a socially committed artist.

Settled in Paris, she privileged the documentary to outline portraits of artists (Ana Mercedes Hoyos), poets (Aimé Césaire, Leon G Damas), trailblazers (Toto Bissainthe), an important approach towards the rehabilitation of black history and some of its most significant figures, but she goes beyond, with portraits of Miro, Louis Aragon and Emmanuel Ungaro, which is testimony to her brilliant eclecticism.

[During the presentation of the National Order of Merit in 2011 the minister of Culture and Communication] Frédérique Mitterrand,  stated" that she had significantly contributed to filling the dearth of representation of African women in front and behind the camera".

Sarah Maldoror has used her perceptive cinematic gaze in the struggle against intolerance and stigmatizations of all types, (Un dessert pour Constance, from the short story by Daniel Boulanger) and attached great importance to solidarity among the oppressed, to political repression, and to Culture, as the unique means of uplifting a society. During her last public intervention at the Reina Sofia Museum in Madrid in May 2019, a tribute was paid to her. She emphasized the importance of ensuring that children go to the cinema and read poetry from an early age, in order to build a more just world.

Rebellious and outspoken, Sarah Maldoror, a resolute humanist, celebrated the artist's commitment, and art as an act of freedom.

Her friend, the poet Aimé Césaire wrote these words to her:
“To Sarah Maldo... who, with camera in hand, fights oppression, alienation, and, challenges human stupidity.”

We will be ever watchful of clouds, that’s a promise!

Derrière le nuage : Sarah Maldoror
(communiqué du 13 avril 2020 - Annouchka de Andrade & Henda Ducados)

La voix des persécutés et des insoumis, la cinéaste Sarah Maldoror, pionnière du cinéma panafricain s'est éteinte le 13 avril 2020 des suites du coronavirus. Son oeuvre cinématographique lumineuse de plus de 40 films, est le reflet d'une vaillante combattante, curieuse de tout, généreuse, irrévérencieuse, soucieuse de l'autre qui porta glorieusement le poétique au-delà de toutes frontières.

Née le 19 juillet 1929, d'un père guadeloupéen (Marie Galante) et d'une mère du Sud-Ouest (Gers), elle choisit le nom d'artiste de Maldoror en hommage au poète surréaliste Lautréamont.
Toute sa vie, ses actes et ses choix seront un écho à ce premier geste.

Après des débuts au théâtre elle fonde en 1956, Les griots première troupe composée d'acteurs africains et afro-caribéens "pour en finir avec les rôles de servante" disait-elle et "faire connaître les artistes et écrivains noirs". L'affiche de leur première mise en scène, Huis clos est signée de l'artiste cubain Wifredo Lam. Suivront des pièces de Aimé Césaire La tragédie du Roi Christophe et de Jean Genet Les nègres, mis en scène par Roger Blain. Cette dimension théâtrale et son désir de transmission d'autres cultures, seront au coeur de sa conception de la création.

En 1961, Sarah Maldoror se rend à Moscou pour étudier le cinéma, sous la direction de Mark Donskoi. Elle y apprendra la conception du cadre, le travail en équipe et une disponibilité constante pour l'imprévu : "Toujours être prêt à saisir ce qui peut être derrière le nuage" disait-elle.

Après ce séjour soviétique elle rejoindra les pionniers de la lutte des mouvements de libération africains, en Guinée, Algérie et Guinée-Bissau aux côtés de son compagnon Mario de Andrade, poète et homme politique angolais, qui fut le fondateur du Mouvement pour la libération de l'Angola (MPLA) et son premier Président. De cette union naîtront deux filles Annouchka à Moscou et Henda à Rabat.

Cette dimension politique occupe une place centrale dans son oeuvre. Elle aimait à répéter que "Pour beaucoup de cinéastes africains, le cinéma est un outil de la révolution, une éducation politique pour transformer les consciences. Il s'inscrivait dans l'émergence d'un cinéma du Tiers Monde cherchant à décoloniser la pensée pour favoriser des changements radicaux dans la société".

Elle fit ses débuts cinématographiques à Alger, aux côtés de Gillo Pontecorvo sur La bataille d'Alger (1965), puis de William Klein pour le Festival panafricain d'Alger (1969). Son premier film Monangambee (1969), adaptée de la nouvelle de Luandino Vieira Le complet de Mateus, traite de l'incompréhension entre le colonisateur et le colonisé. Sublimé par la musique du Chicago Art Ensemble ce coup de maître se voit décerner plusieurs prix, dont celui de meilleur réalisateur, par le Festival de Carthage.

Dans Sambizanga (1972) - scénario de Maurice Pons et Mario de Andrade, elle dresse à travers le trajet politique d'une femme dont le mari se meurt sous la torture en prison, la lutte du mouvement de libération angolais.

Ce film, vivement récompensé, est une des oeuvres majeures du cinéma africain et assoit sa réputation internationale d'artiste engagée.

Installée à Paris, elle privilégie alors le format du documentaire qui lui permet de définir au travers de portrait d'artistes (Ana Mercedes Hoyos), de poètes (Aimé Césaire, Leon G Damas), de précurseurs (Toto Bissainthe), l'horizon nécessaire à la réhabilitation de l'histoire noire et de ses figures les plus marquantes mais pas seulement. Ces portraits de Miro, Louis Aragon ou Emmanuel Ungaro témoignent de son brillant éclectisme.

Fréderic Mitterrand dit "qu'elle aura fortement contribuée à combler le déficit d'images de femmes africaines devant et derrière la caméra".

Sarah Maldoror a mis l'acuité de son regard au service de la lutte contre les intolérances et les stigmatisations de tous types, (Un dessert pour Constance, d'après une nouvelle de Daniel Boulanger) et accorda une importance fondamentale à la solidarité entre les opprimés, à la répression politique, et à la Culture comme unique moyen d'élévation d'une société. Lors de sa dernière intervention publique au Musée Reina Sofia (Madrid mai 2019) qui lui rendait hommage, elle répéta combien les enfants devaient aller au cinéma, lire de la poésie dès leur plus jeune âge, pour construire un monde plus juste.

Révoltée au franc-parler, humaniste résolue, Sarah Maldoror célébra l'engagement de l'artiste et l'art comme acte de liberté.

Son ami le poète Aimé Césaire, lui écrivit ces mots :
A Sarah Maldo... qui, caméra au poing, combat l'oppression, l'aliénation et défie la connerie humaine

Nous resterons toujours attentifs au nuage, promis !


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