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06 September 2018

Analysis/analyse by/par PÉLAGIE NG'ONANA : Ward Zee by/de Delphine Itambi, the power of the womb / le pouvoir des entrailles

Analysis/analyse by/par PÉLAGIE NG'ONANA : Ward Zee by/de Delphine Itambi, the power of the womb / le pouvoir des entrailles. Translated from French by Beti Ellerson

Français ci-après

[English]
The director's latest film, based on a true story, infiltrates the trafficking network of new-born babies.

From beginning to end the intrigue conveys the pangs of a painful battle. That of Page Asanji, a young mother dispossessed of the fruit of her womb two days after childbirth. Embodied by the talented Charlotte Gobina, an imposing figure in the leading role, from scene to scene Page's determination finds paths of hope to a dramatically desperate situation. Who has so cleverly orchestrated the theft of a new-born baby in the famous Pavilion Z of the Royal Hospital? The 116 minutes of this thriller, shot in Buea will make the spectator a full member of the investigative team who has decided to conduct a private enquiry. With Ward Zee, officially released 23 June 2018, Delphine Itambi deals with a humanly devastating phenomenon that is growing at a frightful rate in Cameroon. She is particularly inspired by the famous affair of Vanessa Tchatchou, mother of a little girl who disappears a few hours later without a trace in 2011. The event, which happens in the Cameroonian capital, will take on an international resonance. But will not bring back the stolen baby.

While Ward Zee is not a reproduction of this affair, we still find the main ingredients that have embellished this sordid story: a hospital that allows its new-born to be taken away, an investigation burdened with delays, and biased authorities, who for the most part are walled in their silence. The protagonists of Ward Zee learn this at their own expense. The first attempts of the young Page to legally find her baby and her husband (also missing) prove unfruitful. The lawyer she meets on her journey, rousing half amnesic in a bush, is eliminated while she conducts her investigation. Kate (Ndamo Damarise), Page’s interesting newfound neighbour realises immediately that she is in danger and decides to help her. She will succeed in convincing Jack (Libota Macdonald) her private detective boyfriend and Danny (Anurin nwunembom) the ex of the heroine, to avoid the police at all cost. It is the beginning of a delectable suspense story, peppered with chilling discoveries. The story, carefully narrated with a good dose of flashback keeps the viewer attentive while guessing what will follow. It is a heck of a hit for Delphine Itambi, who also scripted and produced this feature film.

Footprints…
Deep in her role, Page aptly portrays a bruised mother in the depths of despair. At the same time, an unknown force dwells within her, feeding her rage to find that part of herself, which has just been taken away. Her imaginary and echoing blows are testimony to this. The camera multiplies the close-ups on the face of the heroine transformed by sadness. The scenes arranged with the rhythm of astute editing are accompanied by skilfully balanced music. Some of them reveal nevertheless an inadequate synchronization of the sound. But one of Ward Zee's strengths is also its strong imprint of women’s presence. In addition to the main role, the filmmaker chooses to give key places to women, all of strong character. The first woman is a generous and courageous lawyer. Page’s new neighbour, a bit whacky but determined and persevering, mobilises and encourages her friends in their search for the new-born child. Delphine Itambi will also make a personal homage by inspiring Kate a scenario that she will write throughout the plot. Laura Onyama, a major asset of the film, plays Mabel, who commits the act of theft. The actress admirably goes from a sweet maid to a tried-and-tested girlfriend to the ruthless thief who wants to assert herself. Commanding in her role, Laura Onyama, playing opposite Page, responds unambiguously, allowing the director to explore the different extremes of the characters. The cast also reveals Achille Brice, better known in his roles of director and editor, in the posture of a seductive sniper. Ward Zee has a bright future ahead of it, like its young director who is just beginning to write her story within the Cameroonian film industry.

[Français]
Le dernier film de la réalisatrice, qui s’inspire d’une histoire vraie, s’infiltre dans un réseau de trafic de nouveau-nés.

L’intrigue porte de bout en bout les affres d’un combat douloureux. Celui d’une jeune mère Page Asanji, dépossédée du fruit de ses entrailles deux jours après l’enfantement. Incarnée par la talentueuse Gobina Charlotte, imposante dans ce rôle principal, la détermination de Page au fil des scènes, trouve des ruelles d’espoir à une situation dramatiquement désespérante. Qui a si savamment orchestré le vol d’un nouveau-né dans ce fameux pavillon Z du Royal hospital ?  Les 116 minutes de ce thriller tourné à Buea vont faire du spectateur un membre à part entière de cette curieuse équipe décidée à mener une enquête privée. Avec Ward Zee, sortie officiellement le 23 juin 2018, Delphine Itambi traite d’un phénomène humainement destructeur qui prend affreusement de l’ampleur au Cameroun. Elle s’inspire particulièrement de la célèbre Affaire Vanessa Tchatchou, génitrice en 2011 d’une petite fille qui disparait quelques heures après sans traces. L’évènement qui se déroule dans la capitale camerounaise prendra une résonnance internationale. Mais ne ramènera pas le bébé volé.

Si Ward Zee n’est pas une reproduction de ce fait divers, on y retrouve tout de même les principaux ingrédients qui ont agrémenté cette scabreuse histoire. Un hôpital qui laisse s’échapper son nouveau-né. Une enquête taxée de tardive et biaisée des autorités pour la plupart du temps murés dans leur silence. Les protagonistes de Ward Zee en apprennent à leurs dépends. Les premières tentatives de le jeune Page à retrouver légalement son bébé et son mari (lui aussi disparu) sont sans issues. L’avocate qu’elle croise sur son chemin en se réveillant à moitié amnésique dans une broussaille, est éliminée pendant qu’elle mène son enquête. Kate (Ndamo Damarise) la nouvelle et intéressante voisine de Page la sait désormais en danger et décide de lui apporter son aide. Elle réussira à convaincre Jack (Libota Macdonald) son petit ami détective privé et Danny (Anurin nwunembom) l’ex de l’héroïne de surtout éviter la police. C’est le début d’un suspens délicieux, jalonné de découvertes macabres. L’histoire, soigneusement narrée à bonne dose de flash-back donne difficilement la latitude au spectateur de deviner ce qui va suivre. Un sacré coup pour Delphine Itambi qui scénarise et produit en même ce long métrage.

Empreintes…
A fond dans son rôle, Page renvoie avec justesse son jeu de mère meurtrie rongée jusqu’aux entrailles par le désespoir. En même temps habitée d’une force inconnue qui nourrit sa rage de retrouver cette partie d’elle qu’on vient de lui ôter. Ses légendaires et retentissantes baffes en témoignent. La caméra multiplie les gros plans avec le visage de l’héroïne transformé par la tristesse. Les scènes agencées au rythme d’un montage intelligent s’accompagnent d’une musique savamment dosée. Quelques-unes d’entre elles dévoilant néanmoins une synchronisation inadéquate du son. Mais l’une des forces de Ward Zee c’est aussi sa forte empreinte féminine. Hormis le rôle principal, la réalisatrice choisit de donner des places déterminantes aux femmes toutes d’un fort caractère. Le premier personnage qui décide d’aider la jeune maman est une avocate généreuse et courageuse. La nouvelle voisine de Page, un peu déjantée mais déterminée et persévérante, mobilise et encourage ses amis dans la recherche du nouveau-né. Delphine se fera d’ailleurs un clin d’œil personnel en inspirant à Kate un scénario qu’elle écrira tout au long de l’intrigue. Et puis, on a Laura Onyama. Un atout majeur du film. Elle incarne Mabel, l’infiltrée qui commet l’acte du vol. L’actrice passe admirablement de douce femme de ménage à petite amie éprouvée jusqu’à l’impitoyable voleuse qui veut s’assumer. Magistrale dans son jeu, Laura Onyama donne une réplique retentissante à Page et permet à la réalisatrice d’explorer les différentes extrémités des personnages. La distribution dévoile également Achille Brice dans une posture de snipper qui séduit. Plus connu sous ses casquettes de réalisateur et monteur. Ward Zee a de beaux jours devant lui. Tout comme sa jeune réalisatrice qui commence juste à écrire son histoire dans l’industrie cinématographie camerounaise.           

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