The purpose of the African Women in Cinema Blog is to provide a space to discuss diverse topics relating to African women in cinema--filmmakers, actors, producers, and all film professionals. The blog is a public forum of the Centre for the Study and Research of African Women in Cinema.

Le Blog sur les femmes africaines dans le cinéma est un espace pour l'échange d'informations concernant les réalisatrices, comédiennes, productrices, critiques et toutes professionnelles dans ce domaine. Ceci sert de forum public du Centre pour l'étude et la recherche des femmes africaines dans le cinémas.

10 November 2011

Rencontre avec Laurentine Bayala

Laurentine Bayala, réalisatrice de documentaire du Burkina Faso, nous parle de ses recherches sur la réalisation documentaire de création, de l'émergence d'une culture du documentaire en Afrique, ainsi que de ses projets de films.

Laurentine, votre recherche sur le cinéma documentaire en Afrique, "Cinéma documentaire du nord et du sud : quel types de coopération?" a été incluse dans le Groupe d'étude Cinéma du Réel Africain. Pouvez-vous nous donner vos réflexions à ce sujet?

Je fais l’état des lieux de la coopération Nord-Sud dans le domaine du documentaire. Il ressort de cet état que le cinéma documentaire  en Afrique est tributaire du financement du Nord. Le Sud apporte son soutien à ce genre, mais il est insuffisant. Afin de permettre l’expression artistique réelle des réalisateurs du sud, les Etats africains doivent davantage consacrer des fonds au soutien du documentaire de création.
L'Université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal est devenue un lieu important pour l'étude du cinéma documentaire, offrant le MASTER II en Réalisation Documentaire de Création. Vous y avez étudié aussi, quelles ont été vos expériences? Le programme comment est-il structuré?

Le MASTER II en Réalisation Documentaire de Création est une filière professionnelle qui allie théorie et pratiques. Il est logé au sein de l’UFR (Unité de Formation et de Recherche) de Lettres et Sciences Humaines de l’Université Gaston Berger  de Saint Louis depuis Octobre 2007 grâce à la coopération entre l’Université Gaston Berger  pour le Sénégal et l’université Stendhal de Grenoble et Ardèche Images (AFRICADOC) pour la France. Ce MASTER accueille chaque année,  8 étudiants originaires d’Afrique francophone. Avec le MASTER II en Réalisation Documentaire de Création, j’ai appris à toucher à la chaine de fabrication du film allant de l’écriture, au tournage en passant par le montage. A la fin de la formation, j’ai pu réaliser un film d’école. Le MASTER II en Réalisation Documentaire de Création m’a permis de m’affronter pour la première fois à un exercice de pitch. J’ai défendu un projet de film en vue de trouver un coproducteur,  à la rencontre internationale du documentaire de création organisée depuis 2002 à Saint Louis.

AFRICADOC fait partie du programme, pourriez-vous en parler?

Le programme AFRICADOC, développé en France par l’association Ardèche Images, mène différents types d’actions visant à créer un réseau humain dans les domaines de la formation, de la réalisation, de la production et de la diffusion des films documentaires de création africains. AFRICADOC organise tous les ans au Sénégal depuis 2002, les Rencontres « Tënk » qui est l’un des rendez-vous professionnel de la coproduction documentaire en Afrique. Ce programme a organisé des résidences d’écritures, puis a favorisé la production d’une cinquantaine de films documentaires à travers une dizaine de pays africains.

En 2010 Les Rencontres Sobatè ont été lancées au Burkina Faso. Lors de la cérémonie d'ouverture il y avait une reconnaissance des anciens du cinéma africain au Burkina. Comment ces aînés vous ont-t-ils influencée en tant que cinéaste?

Les œuvres de mes ainés m’ont sans nul doute inspiré. Dans le temps, quand la télévision nationale programmait  un film africain ou burkinabè, je ne le ratais pas. C’est avec les ainés, que j’ai découvert certains pans de la culture burkinabé. Ce qui m’a aidé à me forger une identité culturelle.

Le Burkina Faso est depuis longtemps la "capitale" du cinéma africain, quel rôle a-t-il joué dans votre émergence dans le cinéma?

J’ai été membre du ciné-club FESPACO. Depuis 2005, je participe à l’organisation du FESPACO dans les commissions TV-Vidéo et presse. C’est dans le ciné-club que le scénariste-réalisateur  Guy Désiré Yaméogo m’a copté (avec deux autres amies)  pour rédiger des critiques. Il nous a ensuite encadrer pour écrire un scénario qui a remporté un concours. C’est ainsi que j’ai réalisé mon premier court-métrage « Amour sans frontières », financé par une fondation espagnole en partenariat avec le FESPACO. Pour ainsi dire, mes premiers pas dans le cinéma ont été concrétisés grâce au FESPACO.

Le Burkina Faso a une présence impressionnante de femmes dans le cinéma. J'ai eu l'occasion de rencontrer et de discuter avec plusieurs d'entre elles. Quelles sont vos impressions sur le rôle et la présence des femmes dans le cinéma burkinabè?

Elles sont nombreuses, les femmes burkinabè qui ont fait du cinéma leur passion. Elles sont aussi présentes dans la chaîne de fabrication de l’image allant de la réalisation au montage en passant par la comédie. Je ne parlerai pas de rôle des femmes dans le cinéma burkinabè , mais je parlerai plutôt de leur apport.  Les femmes burkinabé se sont appropriées la caméra pour apporter leur touche singulière, pour porter leur regard particulier sur le monde. Cela enrichit et diversifie leurs œuvres cinématographiques et c’est le cinéma burkinabè dans son ensemble qui gagne. 

La première édition de journées cinématographiques de la femme africaine de l'image a été tenue à Ouagadougou en mars 2010, vous avez participé en tant que réalisatrice à l'événement. Quelles ont été vos impressions? Quels étaient les buts et objectifs de l'événement?

Je trouve que c’est une belle initiative qui promeut doublement les œuvres des femmes. La première édition m’a permis de découvrir des films que je n’ai pas pu voir au FESPACO.  C’est aussi l’occasion pour les femmes de mieux échanger sur les défis du cinéma.  Ce festival vise à promouvoir le cinéma africain fait par les femmes.

Pourriez-vous nous parler de vos films : Amour sans frontières, « Risquer sa peau », « Mon mal, un mâle » et leur réception?

En dehors de « Amour sans frontières » que j’ai réalisé en 2007, les deux autres  titres sont restés à l’état de projet, par manque de financement. Je continue de les réécrire et de les soumettre à des commissions. « Amour sans frontières » a participé à des festivals en Espagne, en France et au Burkina. Il est difficile pour moi d’évoquer le côté « réception », mais je dirai que la réalisation de ce film  m’a donné envie de continuer à réaliser d’autres oeuvres.

Entretien avec Laurentine Bayala de Beti Ellerson, novembre 2011


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