The purpose of the African Women in Cinema Blog is to provide a space to discuss diverse topics relating to African women in cinema--filmmakers, actors, producers, and all film professionals. The blog is a public forum of the Centre for the Study and Research of African Women in Cinema.

Le Blog sur les femmes africaines dans le cinéma est un espace pour l'échange d'informations concernant les réalisatrices, comédiennes, productrices, critiques et toutes professionnelles dans ce domaine. Ceci sert de forum public du Centre pour l'étude et la recherche des femmes africaines dans le cinémas.

03 November 2014

Jacqueline Kalimunda : « Celib Rwandais » et sa campagne de crowdfunding sur Indiegogo

Jacqueline Kalimunda nous parle de son projet en cours « Celib Rwandais », l’importance des nouvelles technologies, et sa campagne de crowdfunding sur Indiegogo

Jacqueline Kalimunda, parle-nous un peu de toi-même et ton évolution au cinéma.

Ça fait plus de 12 ans que j'écris, réalise et produis des films. En 12 ans j'ai eu la chance de travailler avec des personnes de grand talent qui m'ont permis d'améliorer mon savoir faire. Du documentaire historique Homeland, à la série TV Imagine Africa diffusée très largement (35 chaînes publiques africaines) ou la comédie High Life pour Canal + sur une jeune fille, garçon manqué, qui veut perdre sa virginité avant ses 18 ans. Je pense aussi au film Burning Down dont j'ai développé le scénario avec Kisha Cameron Dingle et Matt Plouffe au sein du studio américain Focus Features. En 1 ans j'ai appris autant qu'en 10 ans de travail d'écriture. Une école de l'exigence et de la rigueur. Je l'ai tourné avec Eriq Ebouaney, Cyril Guei, Roxane Lebrun, de très grand comédiens, et fait des cascades avec Rémi Canaple qui travaillait au même moment sur l'Ecume des jours de Michel Gondry. Burning Down a été une très belle expérience. (Un extrait : https://vimeo.com/110250362).

Ton projet sur l'amour et la résilience au Rwanda, de quoi s'agit-il ?

Celib Rwandais (Single Rwandan) est une aventure passionnante. Un projet documentaire transmédia sur 4 supports : la télévision, Internet, l'art et la littérature. C'est un projet qui me tient à cœur pour deux raisons principales.

D'abord parce que c'est mon 3ème projet au Rwanda, mon pays de naissance. Nous allons montrer comment de nouvelles générations prennent leur destin en main pour aller de l'avant avec les outils de notre temps, malgré le poids du passé et les défis du présent. Parler d'amour au Rwanda c'est la possibilité de raconter des histoires proches des gens, poétiques et amusantes tout en posant une question fondamentale : Comment s'aime-t-on après un génocide ?

Ce projet est aussi essentiel car il me permet d'aborder l'écriture non linéaire, interactive. Les nouvelles technologies sont entrain de transformer le monde dans lequel nous vivons. Pour moi qui écris beaucoup d'histoires autour de l'Afrique c'est un tournant à ne pas manquer. J'aimerais raconter des histoires sur les écrans qu'utilisent naturellement les gens : en premier lieu le téléphone portable mais aussi, la télévision. Je reste bien sûr attachée au cinéma mais c'est pour moi comme aller à un concert live par rapport à la possibilité d'écouter de la musique tous les jours sur ordinateur, sur mon téléphone, à la radio. J'aime le cinéma mais j'aime surtout raconter de belles histoires et toucher un très grand public.

Celib Rwandais est donc un projet important pour moi mais j'espère aussi pour d'autres. C'est le premier projet transmedia qui propose de parler du Rwanda autrement à travers l'amour et les nouvelles technologies. J'ai présenté Celib Rwandais en octobre au Pixel Market, à Londres, le premier marché de financement des programmes transmédia. Sauf erreur c'était le seul projet africain présenté et il faudrait que ça change. Les Africains ont investi les nouvelles technologies, il s'agit que les créateurs et producteurs d'histoires africains investissent aussi ce domaine. J'espère pouvoir bientôt contribuer grâce au savoir faire que je suis d'acquérir en ce moment à cette migration de la création.

Tu viens tout juste de lancer une campagne de crowdfunding, quel sont tes objectifs et les stratégies pour atteindre tes buts ?

Célib Rwandais est un projet ample et exigeant qui a attiré l'attention de nombreux partenaires. Le CNC, TV5 monde, le Courrier International en France, Igihe.com, TV10 au Rwanda, TFI New Media Fund et la fondation Ford aux Etats unis. Mais les fonds promis nécessitent pour la plupart, que nous soyons déjà en production. Le crowdfunding c'est pour finir le développement technique du projet – construire des maquettes pour le site, les designs – et pour aller à la rencontre de la communauté de 4500 personnes que nous avons déjà réuni sur Facebook afin de collecter les histoires qui feront de ce documentaire un projet réellement participatif.

Nous avons lancé une campagne sur Indiegogo en anglais et en français. Nous lançons une campagne de communication pour récolter les fonds mais aussi agrandir notre communauté. Nous ne cherchons pas forcément de gros donateurs mais 1000 à 2000 personnes qui investissent de petits montants pour faire partie de la communauté qui soutien le projet. Ce n'est pas facile mais je crois que toute personne qui s'intéresse à une nouvelle manière dont on peut raconter des histoires sur les multiples écrans qui nous entourent peut avoir un intérêt à participer au financement de ce projet. Nous cherchons 55 000€. C'est beaucoup et c'est peu. Ce n'est pas notre budget total mais juste de quoi finir le développement. Mais pour toucher un grand public il faut faire un beau projet, et c'est ça que nous cherchons à financer.

Nous allons toucher les rwandais bien sûr et toutes les personnes curieuses du Rwanda. Nous cherchons aussi à interpeller les personnes intéressées par une nouvelle approche de l'Afrique. Les Africains se plaignent souvent qu'on ne parle que de maladie et de pauvreté dans les médias occidentaux. Et bien ce projet, qui sera vu partout dans le monde est l'occasion de soutenir une nouvelle vision moderne, belle et émouvante.

Alors participez à notre campagne !



Entretien de Jacqueline Kalimunda par Beti Ellerson, Octobre 2014



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