The purpose of the African Women in Cinema Blog is to provide a space to discuss diverse topics relating to African women in cinema--filmmakers, actors, producers, and all film professionals. The blog is a public forum of the Centre for the Study and Research of African Women in Cinema.

Le Blog sur les femmes africaines dans le cinéma est un espace pour l'échange d'informations concernant les réalisatrices, comédiennes, productrices, critiques et toutes professionnelles dans ce domaine. Ceci sert de forum public du Centre pour l'étude et la recherche des femmes africaines dans le cinémas.

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27 October 2016

African Women and the Documentary | Cinemas documentaires en Afrique au féminin


African Women and the Documentary: Storytelling, Visualizing History, from the Personal to the Political

Cinemas documentaires en Afrique
au féminin
by/par Beti Ellerson

“African Women and the Documentary: Storytelling, Visualizing History, from the Personal to the Political.” Beti Ellerson
Black Camera: An International Film Journal 8, no. 1 (Fall 2016): 223-239. Published by: Indiana University Press.
DOI: 10.2979/blackcamera.8.1.0223.

Abstract
The practice of storytelling, of relating actuality, the real, of recounting history, the personal, the social, the political, are all features of the screen culture in which African women have evolved in myriad ways as stakeholders in the cultural production of their society and the world. Telling stories through documentary in particular has been a dominant mode of expression among African women, perhaps out of a genuine interest in addressing the pressing issues in their societies and relating stories that would otherwise not be told. Their filmmaking practice is indicative of the diversity of themes they address, using eclectic approaches: autobiographical, experimental, hybrid, consciousness-raising, socio-political, as well as within trans-local and transnational spaces—some going beyond the cultural references of the filmmakers. This article brings together current trends and tendencies incorporating African women who span the globe, utilizing diverse languages, reflecting a plurality of experiences, histories, cultures, and geographies. 

[Français]
Beti Ellerson. Cinémas documentaires en Afrique au féminin
La diversité du documentaire de creation en Afrique  ed. François Fronty, Delphe Kifouani

La pratique du récit, de relater l'actualité, du réel, de raconter l’histoire, les expériences personnelles, sociales, politiques, sont autant de traits de la culture de l'écran dans laquelle les femmes africaines évoluent de multiples façons en tant que parties prenantes de la production culturelle de leur société et du monde. Raconter des histoires à travers le documentaire en particulier était toujours un mode d'expression dominant parmi les femmes africaines, peut-être en raison d'une préoccupation authentique pour aborder les questions pressantes dans leurs sociétés et relater des histoires qui autrement ne seraient pas racontées. Leur pratique cinématographique révèle la diversité des thèmes abordés, en utilisant des approches éclectiques: autobiographiques, expérimentales, hybrides, de sensibilisation, sociopolitiques, ainsi qu’à travers les espaces trans-locaux et transnationaux - certains allant au-delà des références culturelles de la cinéaste. Cet article rassemble les tendances actuelles et les propensions qui intègrent les femmes africaines qui traversent le monde, utilisant des langues diverses, reflétant une pluralité d'expériences, d'histoires, de cultures et de géographies.


UPDATED TO INCLUDE FRENCH VERSION

17 June 2012

Bronwen Pugsley : La recherche sur les réalisatrices d'Afrique subsaharienne francophone et leurs œuvres documentaires


Bronwen Pugsley qui vient de terminer ses études du troisième cycle à l'Université de Nottingham au Royaume-Uni discute avec Beti Ellerson de son choix de thème, son approche et méthodologie, et ses conclusions sur sa recherche sur les réalisatrices d'Afrique subsaharienne francophone et leurs œuvres documentaires.

Un de ses objectifs était de mettre en lumière les évolutions et certaines grandes tendances dans la création de documentaire par les femmes d'Afrique francophone. Surtout les films récents et ceux qui étaient peu suivis comme sujet académique. Sa recherche postulait que la diversité des voix documentaires par les femmes africaines est distinctement novatrice, radicale, et politiquement complexe dont son choix d’une quinzaine de films de 1975 à 2009 montrant les tendances et évolution ainsi que les spécificités de leur pratique cinématographique à travers trois décennies. Le résultat de ses recherches suggère un net accroissement des sujets portant sur des expériences personnelles, comme les cinéastes apparaissent de plus en plus dans les films soit en voix-off soit sur l'écran, et y reflètent leurs points de vue subjectifs. Elle observe donc dans ces tendances, l'émergence d'un genre autobiographique. Une pratique déjà présente dans le travail des écrivaines francophone d’Afrique sub-saharienne dans les années 1970. Lire dans son intégralité en anglais: http://africanwomenincinema.blogspot.com/2012/06/bronwen-pugsley-researching-francophone.html

26 February 2011

Fatma Zohra Zamoum: Le docker noir (The Black Docker) Sembene Ousmane

Fatma Zohra Zamoum:
Le docker noir (The Black Docker) Sembene Ousmane
FESPACO 2011: Official Competition: Documentary
VERSION FRANÇAISE CI-APRÈS

Fatma, could you first talk a bit about yourself...filmmaker, writer, professor, intellectual, multi-talented artist...
Thank you for your interest in the documentary. I will speak about myself...Born in Algeria; I have lived in France for more than twenty years. I generally do fiction films but if there is a visual challenge in a documentary I am also interested in doing it. I also write novels but the need is less—two novels to date, and plans for a third one this year, I hope. Presently, I am in post-production for my latest feature film, "Combien tu m'aimes" (How much do you love me) shot in November and December in Algiers. In addition, I teach at university but mainly to not be cut off from the discipline and to stay informed. And above all to stay connected with art history, which is my pet subject. And also, it allows me to not have to be in a state of uncertainty when preparing a film (it's a long story...)

What inspired you to make a film about Ousmane Sembene?

I went to Ouagadougou for the first time in 2007 hoping to meet Sembene but he did not come that year because he was sick and died shortly after. Since I could no longer honor him directly, I decided to make a film. The Guild of African Filmmakers, who also wanted to pay him a tribute, initially supported this decision, but things did not come together in time. Sembene had an exemplary career and he deserves to be recognized, of course as a person, but also as an artist committed to the ideas of his time. Besides, he was never one to back down.

What has been the audience response to the film?

It was a discovery for most. Despite his body of work, in the end, few actually knew him. I had the opportunity to present the film at the Pan-African Festival in Algiers, truly a preview since it had only been completed a week before, and the audience was charmed by the film itself, but also by the complexity of the subject.

Interview by Beti Ellerson (February 2011)

SYNOPSIS

In 1956 a docker in Marseille writes a novel called Le docker noir...

From this initial creative act, this man will become a writer and a filmmaker: He is Sembene Ousmane.

And by the sweat of his brow, he will earn for himself an esteemed place in the world of arts and letters, publishing a dozen novels and producing some ten films—a fascinating and complex body of work with a focus on social, moral and historical issues (illiteracy, the inner workings of colonial domination, religion, relations between women and men, the world of work...).

Sembene Ousmane who died in the month of June 2007, took with him the mystery of a man, but his work remains. This film documentary presents a portrait of a man spanning a forty-year career. And while a universal œuvre, it is deeply rooted in the history of his country, Senegal.


VERSION FRANÇAISE

Fatma Zohra Zamoum:
Le docker noir (The Black Docker) Sembene Ousmane  
 FESPACO 2011 Compétition officielle des films documentaires

Fatma, d'abord, parlez un peu de vous-même...en tant que cinéaste, écrivaine, professeure, intellectuelle, artiste polyvalente...

Merci de votre intérêt pour le documentaire. Je vous parle de moi.... née en Algérie et vis en France depuis plus de vingt ans. Je fais des films de fiction normalement mais s'il y a un enjeu d'image dans un documentaire cela m'intéresse. J'écris aussi des romans mais la nécessité est moindre, 2 romans à ce jour et le projet d'un troisième pour cette année j'espère. Actuellement je suis en post-production de mon dernier long-métrage "Combien tu m'aimes", tourné en novembre et décembre à Alger.  J'enseigne également à l'université mais essentiellement pour ne pas couper avec la discipline de travail et d'information. Et surtout pour ne pas perdre le lien avec l'histoire de l'art qui est mon dada. Cela permets aussi de ne pas être dans l'expectative quand on prépare un film (c'est long....).

Qu'est-ce qui vous a inspirée pour faire un film sur Ousmane Sembene?

Je suis allée pour la première fois à Ouagadougou en 2007 et j'espérais rencontrer Sembène mais il n'est pas venu cette année-là car il était malade or peu de temps après il est décédé. Je ne pouvais donc plus lui rendre hommage en direct, j'ai décidé de le faire par un film.  Cette décision a été soutenue au départ par la Guilde des réalisateurs africains qui voulaient également lui rendre hommage. Mais les choses n'ont pas convergé en temps. Je trouve que le parcours de Sembène est exemplaire et qu'il mérite d'être connu en tant qu'homme mais aussi en tant qu'artiste engagé dans les débats de son époque. D'ailleurs il n'en a évité aucun.

Quelles sont les réactions du public sur le film?

Découverte, d'abord découverte car malgré l'oeuvre de l'artiste peu connaissent finalement. J'ai eu l'occasion de le présenter au Festival Panafricain à Alger, vraiment en avant-première car il était terminé depuis une semaine et les spectateurs ont été charmés par le film lui-même mais aussi par la profondeur de sa démarche.

Entretien de Beti Ellerson (février 2011)

SYNOPSIS

En 1956, un docker à Marseille écrit un roman intitulé Le docker noir… 

A partir de cet acte inaugural de création, l’homme va devenir écrivain et cinéaste : c’est Sembene Ousmane.

Il va se forger, à la force du poignet, une place de choix dans le monde des arts et des lettres, en publiant une dizaine de romans et en réalisant une dizaine de films. Une œuvre passionnante et complexe, tournée vers des problèmes sociaux, moraux ou historiques (l’analphabétisme, les mécanismes de domination coloniale, religieuse, entre hommes et femmes, dans le monde du travail...). 

Sembene Ousmane est décédé au mois de juin 2007, il emporte avec lui son mystère en tant qu’homme, mais son œuvre demeure. Ce film documentaire propose de faire le portrait de l’homme à travers une œuvre qui se déploie sur quarante ans, une oeuvre universelle et pourtant profondément enracinée dans l’histoire de son pays, le Sénégal.

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